mardi 2 avril 2013

Swissgenetics

Notre journée du 7 mars a commencé tôt puisqu’il a fallu faire un trajet de 1h 30 avant d’arriver chez Swissgenetics à Mülligen où le directeur des ventes et le responsable de la production de semences nous attendaient. Ce centre compte environ 120 taureaux, principalement de race Suisse Brune, qui représente 85% du marché, ainsi que de race Holstein rouge. Ils récoltent de la semence de taureaux Simmental, Limousin, Holstein noir et d’autres races. Présentement, il y environ 15% des taureaux en stabulation libre. Les autres sont encore attachés  mais, pour les garder en forme, ils vont 2 fois par semaine faire de l’exercice dans un enclos où un mécanisme les force à marcher. Pour mettre en valeur leurs produits, ils offrent des services d’inséminateur et font beaucoup d’exportation un peu partout dans le monde par l’intermédiaire de l’alliance Semex. Il y a aussi 20% des semences qui sont importées en Suisse. La récolte de semence s’étale sur quatre jours, c’est-à-dire du lundi au jeudi. Deux éjaculats sont récoltés par taureau et par jour. Quotidiennement, ils récoltent 15 000 à 25 000 paillettes ce qui représente  2 à 4 millions sur une bas annuelle. Sur ce lot, il y a environ 60 à 70 % qui sont rejetés, car c’est de la semence de jeunes taureaux ou de la semence non classifiée. Chaque paillette de 2 ml contient environ 15 millions de spermatozoïdes.

Lors de notre visite, ils nous ont fait faire le tour du bâtiment en commençant par la salle de récolte et le laboratoire. Ils font de la fausse monte (avec un mannequin) et de la monte naturelle (sur boute-en-train) à l’extérieur sur du sable selon le taureau. Une fois, la récolte faite, elle est envoyée au laboratoire, analysée pour la concentration et l motilité des spermatozoïdes, diluée avec une solution contenant du jaune d’œuf et identifiée par une couleur qui représente la race du taureau. Ensuite, les paillettes sont réfrigérées et congelées dans l’azote et finalement, ils font faire des tests de qualité avant de les mettre sur le marché.

Nous nous sommes ensuite dirigés vers l’extérieur pour voir l’entreposage des fourrages.  Les camions de livraison n’ont pas accès directement au plancher d’entreposage en pour respecter des règles de biosécurité. On nous a ensuite présenté une vidéo d’information expliquant les services offerts par Swissgenetics et par la suite, on nous a présenté les taureaux vedettes dans une arène extérieure.

 
Pour conclure, nous avons bien aimé l’accueil qu’on nous a réservé et notre visite dans son ensemble. Ça nous a donné l’occasion de pratiquer notre anglais et on a pu voir leurs taureaux vedettes et toute la procédure de récolte de semences. Pour de plus amples renseignements, vous pouvez consulter leur site internet à l’adresse suivante : www.swissgenetics.ch

mardi 26 mars 2013

Visite usine Wenger


 
Nous avons visité l’usine de couteaux suisses Wenger, qui a été mise sur pied en 1893, à Courtételle, dans la vallée de Delémont dans la région du Jura. Au début de notre visite, nous avons visionné un petit film sur l’entreprise en général. Lors de cette présentation, nous avons appris qu’en plus de produire des couteaux, Wenger vend aussi des montres, des sacs à dos, des articles de plein air, etc. Toutes les étapes de la fabrication de ses couteaux sont faites en Suisse, du découpage des métaux jusqu’à l’expédition. Les couteaux sont tous testés et contrôlés manuellement. La fiabilité, la durabilité et l’entretien facile ont contribué à faire la réputation de cette entreprise.
L’usine a une superficie de 10 500m2 et produit jusqu’à 10 000 couteaux par jour.  70% de la production est exportée dans plus de 150 pays, dont le Canada. Pour y arriver, 187 personnes y travaillent à temps plein.
La fabrication des couteaux se fait en 8 étapes, soit : la découpe, le traitement thermique, l’aiguisage, l’affilage, le polissage, la fabrication des côtés de plastique, l’assemblage et l’emballage.
Pour la découpe, l’acier inoxydable est utilisé pour la fabrication des lames et l’aluminium est utilisé pour faire les pièces qui séparent les lames. La machine utilisée pour la découpe est dotée d’une très grande précision, ce qui réduit le travail manuel. Tous les déchets métalliques sont fondus et réutilisés. Pour ce qui  est des grands couteaux de cuisine, on découpe environ 40 lames par minute. Ensuite, les lames subissent un traitement thermique afin de les rendre plus solides. Elles sont chauffées jusqu’à 1 000°C, puis sont refroidies très rapidement, ce qui augmente leur solidité. Viennent ensuite trois étapes très importantes pour l’utilité des couteaux soit l’aiguisage, l’affilage et le polissage. Tout d’abord, l’aiguisage sert à amincir la lame jusqu’à l’épaisseur voulue. Pour ce qui est de l’affilage, les grandes lames sont faites à la main et les petites avec une machine, ensuite, les couteaux Wenger sont alors prêts à couper une multitude de choses. Finalement, le polissage est fait à l’aide d’une machine et permet à la lame de ne pas se rouiller. Les grandes lames sont faites une par une, tandis que les petites sont faites en masse. Finalement, il y a la fabrication des côtés de plastique des petits couteaux, le moulage des manches de couteaux de cuisine professionnels et domestiques, puis l’assemblage de toutes les pièces pour les couteaux de poche.
Le plus gros couteau de poche possède 141 fonctions, cependant les couteaux ont en moyenne 20 fonctions et plus de 200 sortes de couteaux de poche différents existent. Nous avons pu terminer notre visite au magasin Wenger où plusieurs ont été ravis de leurs achats.

Visite de la ferme de M. Balmer

Mercredi 6 mars
En cette belle journée de printemps où il faisait près de 15 °C, nous avons visité la ferme de Monsieur Balmer, en fin de journée. C’est une ferme de chèvre laitière principalement, quelques truies et un engraissement. Il cultive près de 30 hectares de betterave, de pommes de terre, céréales, et de maïs, le tout pour nourrir son troupeau.  À la suite de plusieurs années à l’emploi d’une meunerie comme conseiller, monsieur Balmer travaille depuis peu à temps plein sur l’entreprise familiale cette année. Il est aidé d’un apprenti et de la famille occasionnellement en plus de son père qui est toujours présent sur l’entreprise.
La production de chèvre laitière est composée d’environ 130 chèvres Saanen  en lactation soit 110 000kg de lait par an. Les chèvres sont traites sur un quai de 12 places sans distribution de concentré, ce qui lui permet de tirer les chèvres en moins d’une heure et demie. Il vend les chevrettes pour la reproduction en Algérie et il engraisse les chevreaux pour la boucherie qui est peu populaire sauf à Pâques comme au Québec. La production laitière se fait à toute l’année puisqu’il doit respecter un contrat de vente de lait industriel. Cependant, les quantités peuvent varier durant l’année suivant l’entente avec le transformateur. Il fait de la reproduction naturelle et un peu d’insémination tous les deux ans pour améliorer la génétique. Pour le bien-être des chèvres,  elles ont un accès libre à l’extérieur.   
Ensuite, le producteur a un petit élevage de 15 truies où il achète les truies pleines et il en fait la mise bas jusqu’au sevrage. À l'âge de six semaines, les porcelets sont envoyés en pouponnière jusqu'à 25 kg et sont revendus pour aller en engraissement. Ensuite, il revend les truies au producteur qui lui a vendu. Cette technique qui est de plus en plus pratiquée en Suisse est effectuée plusieurs fois dans l’année pour permettre d’avoir toujours des porcelets en pouponnière. Cette façon de fonctionner lui permet également d’avoir des périodes de travail planifiables et une régularité dans les besoins en main-d’œuvre. 
Finalement, le producteur qui vient d’arriver sur l’entreprise a beaucoup de projets de tête, dont la construction d’un bâtiment pour séparer la production porcine et les chèvres. 
Nous avons eu l'occasion, également lors de cette visite, de rencontrer des gens de la presse locale qui souhaitaient souligner à la fois les liens qui unissent l'école d'agriculture de Fondation Rurale interjurassienne et l'ITA, de même que de parler de l'intérêt que nous avions à aller les visiter. Ainsi, la station de radio du Jura, RFJ et Le Quotidien Jurassien, journal d'information indépendant, sont venus nous rejoindre directement sur la ferme pour nous rencontrer et nous poser quelques questions sur notre séjour en Suisse.
Pour entendre le reportage radio, aller sur ce site et sélectionnez le bulletin de 12h15 du samedi 9 mars 2013 à la station RFJ à la 7ième minute du bulletin.

mercredi 6 mars 2013


Visite des vergers d’Ajoie

Pour terminer notre journée, nous avons visité les vergers d’Ajoie, propriété de monsieur Alain Perret. Située à Porrentruy, l’entreprise possède 40 hectares dont dix sont consacrés à la production fruitière. En plus de 15 variétés de pomme, ils cultivent des poires, des damassines ainsi que quelques petits fruits utilisés pour la confection de confitures. Les trente hectares restant sont cultivés en prairies et en céréales par le père de monsieur Perret. Les pommiers qui se trouvent sur l’entreprise sont des pommiers nains et produisent chaque année 200 tonnes de fruits. Une partie des pommes est transformée en jus, en confiture, en fruits séchés, etc. Le reste est vendu en produit frais.


Après avoir fait affaires avec des grossistes pendant plusieurs années, le producteur a décidé de vendre quelques produits directement sur la ferme. Petit à petit, il y a eu restructuration de l’entreprise afin de vendre complètement la production sur place. Depuis dix ans, un magasin permet d’offrir à la clientèle plusieurs produits transformés provenant de la ferme, mais aussi de différents producteurs locaux.


Comme il a été mentionné précédemment, la damassine est cultivée sur l’entreprise. Ce petit fruit est en fait une sorte de prune qui, une fois mûre, tombe sur des filets. Cette méthode de récolte est similaire à celle des olives. Une fois récoltée, la damassine est mise dans des barils et débute sa fermentation. Cette étape dure environ quatre à cinq semaines. Finalement, le filtrat est distillé pour produire de l’alcool. Chaque année, 15 000 à 20 000 bouteilles de Damassine AOC sont vendues aux vergers d’Ajoie. Cette eau de vie est maintenant protégée par une AOC et un cahier de charges qui permet d’en protéger les particularités.

Visite de l’entreprise de la famille Roy

Aujourd’hui, nous sommes allés visiter une ferme laitière biologique à Porrentruy qui produit également de l’électricité à partir de biogaz. Cette entreprise est dirigée par deux cousins et c’est Guillaume, le fils de l’un d’eux qui nous a présenté l’entreprise. Globalement, la ferme compte environ 70 vaches en stabulation libre et 90 ha en culture. Par contre, ce ne fut qu’un survol concernant la production laitière puisque la visite était plus centrée sur la production d’électricité à partir de biogaz étant donné que ce type de production nous était peu familier.   

Tout d’abord, la production de biogaz a été mise en place sur la ferme il y a cinq ans. Pour produire ce gaz, ils utilisent le purin et le fumier de la ferme en plus de celui de quatre autres paysans qui apportent leur fumier directement à la ferme. Il y a aussi du gazon, des graisses végétales ainsi que des déchets alimentaires provenant de plusieurs communes environnantes qui servent à la production des biogaz. Chaque jour, 25 mètres cubes de purin sont pompés dans une grande cuve et sont mélangés avec du fumier. Par la suite, le tout est chauffé à 42˚C pour enclencher le processus de production de biogaz. Le contenu des cuves est ensuite séparé en matière solide et liquide par un système de vis sans fin et de tamis. Ces deux sous-produits sont utilisés pour l’enrichissement du sol en matière organique alors que le produit final, principalement le méthane, sert à la production d’électricité pour environ 700 foyers. Un ingénieux système de récupération de chaleur est aussi en place pour permettre à l’entreprise de sécher du foin en vrac d’une façon très efficace.
 
En plus du biogaz, l’entreprise produit du compost. Ceci est possible grâce à la contribution du voisinage qui achemine ses déchets verts. Les gens ont la possibilité de venir porter des branches, du gazon frais, des déchets de table végétaux, etc. Une partie du bois est recyclée pour la fabrication de granules de chauffage et le reste est mélangé dans le compost. Les différents déchets sont mélangés et broyés avec une machine et placé en andain. Ce dernier est ensuite retourné toutes les deux semaines au début et ensuite aux trois semaines pour permettre un processus uniforme et un compost de bonne qualité. Une autre machine est utilisée pour le calibrage du compost. Les plus grosses particules de bois retournent au début de la chaîne pour être décomposées en plus petites particules. La production du compost est d’une durée de quatre à cinq mois au total. Ce compost est retourné en partie aux producteurs y ayant contribué en échange de leur lisier et fumier, en partie à la ferme des Roy pour l’enrichissement des terres et, finalement, aux citadins des villes environnantes par le biais des communes pour leur potager.


Visite Guidée de la ville de Porrentruy,

Nous sommes allés à la rencontre de notre guide, Sandra Girardin sur le site du château de Porrentruy.  Elle nous a présenté l'historique de cette ville en citant quelques dates importantes.  Elle nous a expliqué que la ville est un site important pour les recherches archéologiques puisque plus de 30 000 traces de dinosaures ont été retrouvées dans la région du Jura. Porrentruy est une assez petite ville et la guide nous a expliqué la raison de la construction d’un aussi gros château à cet endroit. C’est un prince-évêque qui dirigeait ce vaste château. En plus du bâtiment principal ou résidaient le prince-évêque et sa cour, le château contenait une prison, une tour de Monnaies qui servait à faire des pièces d'or et bien plus encore. Aujourd'hui, le château sert de palais de justice et de prison d'une capacité de 25 prisonniers.

Après avoir visité le château, nous sommes allés nous balader dans la ville. Sandra nous a expliqué que plusieurs bâtiments sont classés historiques, donc les propriétaires actuels sont restreints par rapport aux rénovations possibles qu’ils veulent effectuer. Également, à l’époque, les portes à l’entrée de la ville se fermaient à tous les soirs, alors une horloge sonnait pour avertir les paysans d’entrer avant la fermeture de celles-ci. Nous avons continué notre marche en regardant des édifices historiques. Notre guide nous a présenté deux églises, soit l’église St-Pierre qui était réservée aux bourgeois puis comme elle était interdite au prince-évêque, une autre église avait été construite: l’église des Jésuites. Un orgue de grande qualité y a été installé et la pièce dont l'accoustique est renommée, sert  de salle d’enregistrement et certains concerts sont donnés à cet endroit. Il y a aussi dans la ville un ruisseau qui apparait par exsurgence par temps pluvieux. Ce phénomène provoque des bulles à la surface et un bruit important. Les villageois d'autrefois croyaient que c’était un monstre. Finalement, nous avons fait un tour dans le jardin botanique instauré par les Jésuites.  

Ferme Girardin frères, à Cornol
En avant midi, nous sommes allés visiter une entreprise qui appartient à messieurs Jean-Claude et Etienne Girardin. Ils ont reprit la ferme laitière d’un oncle à la fin des années 80. Au début, la ferme comptait 20 vaches laitières de race Red-Holstein et des taurillons en engraissement. Les Girardin ont un peu changé leur méthode et leur cheptel au fil des ans. La race du troupeau à complètement été changée pour la Montbéliarde qui présente de meilleures caractéristiques pour la production de viande tout en arrivant à maintenir un niveau de production de lait de 8000 kilogrammes par vache par année. Toutefois, c’est une race qui est moins précoce que la Holstein alors l’âge au premier vêlage est approximativement 28 mois pour cette entreprise. Les 2 frères cultivent 50 ha de champs en terrain plat et 35 ha de champs en montagne qui sont presque impossibles à cultiver.  Les vaches allaitantes destinées à la production de taurillons d'engraissement sont en alpage durant l’été alors que les terres plates sont cultivées en foin, orge, maïs ensilage et betterave fourragère utilisés sur la ferme. on y cultive aussi du blé panifiable qui est commercialisé. L’entreprise possède actuellement 30 vaches laitières en stabulation libre et 40 vaches allaitantes. En comptant les vaches, les génisses de relève, les taurillons et le taureau, les deux frères possèdent 240 bêtes.

Pour l’engraissement des bêtes, les vaches sont saillies par un taureau Limousin pour permettre aux veaux une meilleure capacité de croissance et de bonnes qulités bouchères.  La grille de classement suisse est différente de la notre puisqu’elle valorise les mâles entiers. Les animaux y sont classés par rapport à leur état de chair. Ainsi, les vaches de réforme peuvent recevoir un classement supérieur à calui qu'elles auraient au Québec. 



Présentation et discussion sur l'agriculture et la politique agricole  suisse et québécoise

La fin de journée a donné lieu a un échange intéressant entre les  étudiants de troisième année de la Fondation Rurale Interjurassienne de Courtemelon et ceux de l’ITA (GEEA & TPA).
Après un chaleureux mot de bienvenue, Monsieur Olivier Girardin, directeur de la Fondation rurale interjurassienne (FRI), nous a brossé un portrait de l'agriculture et de la politique agricole suisses. Il a fait ressortir les enjeux importants concernants le présent et l'avenir de l'agriculture en Suisse: l'utilisation de territoire, le soutien gouvernemental, les relations commerciales avec les autres pays européens etc. Cette présentation nous a permis de mieux mettre en perspective les nombreuses observations faites depuis le début de voyage.

A leur tour, Philippe Beauregard, Philippe Lacerte et Etienne St-Aubin ont fait une présentation sur les modes de mise en marché, les politiques agricoles et les statistiques des différentes productions agricoles du Québec. Ils ont d'abord établi la comparaison entre le Québec et la Suisse au niveau de la superficie cultivée, de la densité de la population, du prix moyen des terres etc. Par la suite, ils ont décrit la structure syndicale des producteurs québécois (UPA) puis les modes de mise en marché selon les productions (dirigée, contrôlée, individuelle). Finalement, ils ont aussi souligné une ressemblance qu'ils ont constatée lors du voyage entre les tables filières qu'on a développées au Québec et le Collège Interprofessionnel dans le Gruyère AOC qui regroupe les producteurs, les fromagers et les affineurs.

La discussion lancée par les présentations de Monsieur Girardin et des étudiants de l' ITA s'est poursuivie joyeusement autour d'une délicieuse fondue partagée en toute amitié entre Suisses et Québécois.
Visite de l’élevage de chevaux Franches-Montagnes

Nous sommes allés visiter un élevage de chevaux Franches-Montagnes, au centre équestre Bellelay.  L’établissement datant de 800 ans, autrefois habité par des moines, avait pour première fonction de nourrir la communauté présente. Il a ensuite servi a fournir du travail aux patients de l’hôpital psychiatrique qui est à l’entrée du domaine, avant d’être acquis par le propriétaire actuel, Gérard Lachat.  L’ensemble de l’exploitation possède 54 hectares en prairie, ainsi que 75 chevaux en pension, dont quelques uns en entraînement en plus des 15 qui appartiennent aux propriétaires.  Le coût de la pension est de 700 francs/mois pour les chevaux en box et de 450 à 500 francs/mois pour les chevaux en stabulation libre.  Trois personnes sont employées pour effectuer les travaux qui vont de l’entretien des lieux à l’entraînement des animaux en passant par le débourrage de jeunes chevaux. De plus, les deux propriétaires y travaillent à temps plein.


L’entreprise fait la promotion la race des Franches-Montagnes, puisque c’est la race emblématique de la Suisse. Cette race est reconnue pour son caractère docile et sa facilité d’entretien, un aspect qui est très important selon le propriétaire.  Pour ce faire, il offre le service d’accouplement et fait aussi la vente des poulains de son élevage, puisqu’il possède aussi deux juments poulinières.  Deux organismes s’occupent de la promotion de cette race, soit la Fédération Suisse du cheval de la race des Franches-Montagnes et la Fédération Jurassienne d’élevage chevalin.  Pour pouvoir être en service, les étalons doivent passés plusieurs tests de classification au cours de leurs 3 premières années.  En 2012, 15 poulains de trois ans ont été réussi toutes les épreuves pour être sélectionnés.  Les poulains sont entraînés à partir de l’âge de trois ans. Ils doivent passer une classification de conformation et d’habiletés à la selle et à l’attelage, suite à laquelle ils peuvent se vendre entre 5000 et 8000 francs suisses.  Puisqu’on ne peut pas prévoir à quelle fin seront utilisés les chevaux vendus, ils sont entraînés autant à la selle qu’à l’attelage.  Malgré un marché pour les chevaux d’attelage et de selle, 75 à 80% des poulains des Franches-Montagnes de six mois sont vendus pour la boucherie.  Pour ce qui est de l’enregistrement des chevaux, ils doivent tous avoir des papiers d’enregistrements, ainsi qu’une puce électronique dans le cou. 


Aussi, plusieurs activités équestres sont organisées tout au long de l’année et quelques unes d’entre elles ont lieu sur le site de cette exploitation.  A la fin de la visite, nous avons pu observer le débourrage d’un poulain de trois ans, dans le manège intérieur. M. Lachat a eu la générosité de nous expliquer le processus et les précautions nécessaires à prendre pour le débourrage d’un cheval en fonction de la race, de l’âge et du caractère de ce dernier.
Fromagerie du domaine de Bellelay

Nous avons fait la visite de la fromagerie du Domaine de Bellelay.  Il s’agit d’une fromagerie historique, qui fait la fabrication du fromage Tête de Moine, depuis 1628.  Au cours de cette visite, nous avons vu la méthode de fabrication artisanale de ce fromage spécifique à la région du Jura.

Tout commence par la récolte du lait dans les fermes qui doivent être situées entre 700 et 1100 mètres d’altitude.  Dans ces fermes, les vaches ne consomment que de l’herbe et du foin sec provenant des montagnes.  Le lait provenant exclusivement de la région du Jura est livré une à deux fois par jour, dans un délai de 12 heures suivant la traite.  Ensuite, le lait est chauffé dans une marmite sur un feu de bois, jusqu’à  37°C.  Puis on y ajoute de la présure, qui est un coagulant d’origine animale prélevée dans l’estomac des veaux, et les bactéries lactiques. Après une période d'attente de 30 minutes environ, on coupe la masse à l'aide du tranche caillé et on chauffe de nouveau le lait jusqu’à une température de 52°C en brassant constamment pour affermir le grain. Cette substance solide est alors mise dans des moules et pressée, puis elle est placée dans une solution salée pendant
24 heures.  Finalement, le fromage passe à l’affinage, pour lui donner son goût.  Le fromage provenant de cette fromagerie possède le label AOC, qui garantit que c’est un produit provenant de la région du Jura.

Pour manger ce fromage, on doit le racler en fine couche à l’aide d’une girolle de façon à former des rosettes. Ce fromage traditionnel est maintenant exporté à travers le monde. Fait intéressant à noter, il faut 10 litres de lait pour fabriquer environ un kilogramme de Tête de Moine.

Au cours de cette visite, nous avons aussi pu voir le musée dans lequel se trouvent plusieurs instruments qui ont servi au cours des années à la fabrication de ce fromage. L’histoire de la création de ce fromage unique nous a été présentée sous forme de vidéo.  Pour compléter l’expérience, le fromager, vêtu d’un habit de moine, a fabriqué du fromage en utilisant les instruments traditionnels et le chauffage du lait sur feu de bois.  Finalement, nous avons pu déguster le fromage sous forme de caillé, qui est obtenu avant l’étape du moulage.

Cette exploration des méthodes ancestrales de la fabrication de fromage a été suivie par un bon diner dans lequel nous avions naturellement de la Tête de Moine. Succulent !

lundi 4 mars 2013

4 mars 2013

Visite de la centrale d’éoliennes

En ce magnifique après-midi ensoleillé du début du printemps, nous avons eu la chance de visiter la centrale éolienne Juvent. En fait, c’est la plus grande centrale d'éoliennes de toute la Suisse. Elle est située à 1230m d’altitude près des lacs de Bienne dans le canton de Berne et Neuchâtel dans le canton de Neuchâtel. Une guide nous a expliqué le fonctionnement des éoliennes ainsi que l’histoire de celles-ci.

L’entreprise Juvent à été fondée en 1995, par BKW FMB Energie SA/ sol-E Suisse, une compagnie privée. Elle est constituée  de 16 éoliennes de 600 kW à 2000 kW totalisant une puissance de 23 660 kW et produisant 40 900 MWh. Cette énergie satisfait les besoins annuels de 13 000 foyers. Les éoliennes provenant du Danemark, peuvent atteindre une hauteur de 140 m avec les pales. Celles-ci sont assemblées à l’aide de la plus grande grue du monde mesurant 188 m, et cela en seulement 2 jours quand les fondations sont prêtes. Elles arrivent à Rotterdam par bateau et nécessitent un transport spécial pour arriver au Mont-Crosin. En effet, chaque pale pèse environ  6,7 tonnes et mesure 45 m de longueur. La vitesse du vent doit être plus grande que 4 m seconde pour produite de l’électricité, ce qui équivaut à 28 tours par minute pour les petites éoliennes. A une vitesse supérieure à 95 km/h, un mécanisme de sécurité arrête le système et positionne les pales en drapeau.

Les avantages de cette source d’énergie sont nombreux. En effet, c’est une énergie locale, renouvelable et neutre en CO2. L’installation d’une éolienne nécessite peu de surface puisque les animaux peuvent aisément circuler à sa base. De plus, le montage est relativement rapide et ce rentabilise en un an seulement. Par contre, certains aspects comme les nuisances sonores et la pollution visuelle font en sorte que certaines personnes s’y opposent. Les coûts d’acquisition élevés et la production non-planifiable sont d’autres aspects négatifs. Evidemment, une certaine indemnité est versée aux producteurs qui mettent des éoliennes sur leur terre.

Nous avons particulièrement apprécié cette visite qui nous a fait profiter de la belle journée à l’extérieur. Nous avons pris connaissance du fonctionnement des éoliennes dans un local équipé d’image et de maquettes. Ensuite, nous sommes allés découvrir l’intérieur du mat de ces gigantesques machines.



Suite à notre dégustation de chocolat, nous nous sommes dirigés vers le musée des montres Longines à St-Imier. Nous avons été accueillis par une responsable des visites qui nous a guidé à l'intérieur du musée.  Tout d’abord, il y a eu la fondation d’un comptoir d’établissage par Auguste Agassiz, c’est-à-dire que les paysans fabriquaient les montres à domicile. C’est seulement en 1867 que le neveu d’Auguste Agassiz, Ernest Francillon, décide de faire la première fabrique pour regrouper le processus de fabrication et c’est à ce moment même que la marque Longines voit le jour. 

Au tout début de notre visite, nous avons vu la bibliothèque du musée qui contient tous les registres d’achat de fabrication de chaque montre depuis le début. À ce jour on compte près de 39 millions de montres vendues, elles sont principalement exportées au Etats-Unis et partout dans le monde. Notre visite était divisée en plusieurs partie dans le musée, il y avait une salle d’histoire ou nous avons vu l’évolution du mécanisme des montres, la salle d’aventure ou il y avait leur fabrication destiné à l’aviation, la navigation et à l’armée. Par la suite, il y avait la salle des sports et du chronométrage ou nous avons pu constater que Longines est depuis longtemps impliqué dans le chonométrage de plusieurs sports. Puis, il y avait la salle d’élégance ou il y avait les montres bijoux destinées à l’esthétique.

Les montres Longines appartiennent à la classe haut de gamme du regroupement Swatch dont ils sont membres. Ils produisent des montres de grande qualité qu’on retrouve à un prix moyen d’environ 2500 chf. Tout au long de leur histoire, ils ont gagné de nombreux prix dont l’Exposition Universelle de 1900 et ainsi que plusieurs autres pour leurs designs et leurs styles. Ils sont encore impliqués dans le chronométrage de nombreux évènements sportifs et produise des montres bijoux pour l’esthétique.

Pour conclure, nous sommes heureux d'avoir fait une incursion dans ce monde inconnu.  Nous avons pu voir l’évolution des mécanismes et des matériaux de fabrications des montres qui sont faites avec beaucoup de minutie. C'est une page de l'histoire du Jura suisse que nous avons pu découvrir avec beaucoup d'intérêt. Pour plus d’information vous pouvez consulter leur site internet www.longines.fr.
Source: http://www.longines.fr/brand/museums/the-longines-museum

Nous avons visité la chocolaterie Camille Bloch à Courtelary dans la région du Jura. Nous avons été accueillis par deux guides sympathiques qui nous ont présenté l’entreprise et le processus de fabrication de leurs différents produits. La chocolaterie a été fondée en 1929 à Berne par Camille Bloch et c’est en 1935 que la fabrique a été établie à Courtelary. L’entreprise est demeurée propriété de la famille depuis 3 générations et compte environ 160 à 180 employés. En 1942, le Ragusa voit le jour, puis on se met à la fabrication du Torino en 1948, des chocolats à la liqueur en 1955 et des chocolats à la mousse en 2005. En plus de ces grandes marques qui font sa renommée, l'entreorise produit également du chocolat au lait traditionnel, du chocolat blanc, du chocolat noir à 60% ainsi que des chocolats spécialisés pour la communauté juive.

Notre visite a commencé par l’explication de l’origine de la matière première utilisée pour la fabrication du chocolat. Tout d’abord, l’ingrédient principal est la fève de cacao, celle-ci provient soit du Ghana ou de l’Equateur. Elle subit un contrôle de qualité à son arrivé à Amsterdam avant d’être acheminée en sac de 1000kg. La qualité de la matière première est indispensable à la fabrication d’un bon chocolat. Les amandes sont importées de Californie et les noisettes de Turquie. Pour ce qui est des autres ingrédients, le sucre et le lait en poudre proviennent de la Suisse et le beurre de cacao des Pays-Bas. Au cours de notre visite, nous avons pu observer les huit grandes étapes de fabrication : le nettoyage et le tri, le rôtissage et la débactérisation, le concassage, décorticage et la mouture, le mélange de matière première, le broyage, le conchage, le moulage et l’emballage.

Pour terminer cette merveilleuse visite, nous avons eu la chance de déguster leurs quatre plus grandes créations. Suite à cette succulente dégustation, ils nous ont gentiment remis en cadeau deux tablettes de Ragusa que nous allons savourer avec plaisir en souvenir de cette visite instructive. Pour conclure, nous avons eu l’occasion d’aller dans leur boutique pour rapporter de délicieuses surprises à nos proches.
Vous pouvez visiter leur site internet ; www.camillebloch.ch.





Lundi, rencontre avec monsieur Darbellay

Nous avons rencontré le directeur de la Chambre jurassienne d’agriculture, monsieur Darbellay. Cette discussion visait à découvrir l’organisation politique, commerciale et syndicale de l’agriculture de la Suisse.

La Suisse compte 26 cantons autonomes dont le Jura, qui est le plus petit avec une population de 70 000 habitants. C’est d’ailleurs dans cette région que nous hébergeons durant notre dernière semaine en Suisse, à la Fondation Rurale Interjurassienne. Ce canton possède les plus grandes structures agricoles du pays avec une moyenne de 40 ha de terres par exploitation, comparativement à seulement 18 ha pour le reste du pays. Il compte plus de 1 000 exploitations dont la moitié qui est en production laitière. Des 100 millions de kg de lait produits dans ce canton, 23 à 25 % sont destinés à la production de fromages fins. De toute la production, 10 % est biologique et la demande est en croissance. L’agriculture jurassienne, est caractérisée par l’élevage des chevaux des Franches-Montagnes qui sont originaires de cette région. Depuis quelques années, on peut remarquer une diversification des productions et de plus en plus de produits avec vente directe.

L’organisation du secteur agricole et des représentants de celui-ci ressemble à celle que nous avons au Québec. L’Union Suisse des Paysans est formé d’un comité de membres élus qui se rencontrent à tous les mois pour discuter des points chauds de l’agriculture. Par la suite, il y des associations cantonales dont la Chambre jurassienne d’agriculture pour laquelle M. Darbellay est le directeur. Ces associations servent à représenter les agriculteurs et défendre les intérêts des différentes productions. De plus, la Chambre vise à développer le milieu rural, favoriser les produits à valeur ajoutée, valoriser les produits du terroir, le marché du bétail, les réseaux écologiques  et les projets avec les exploitants agricoles. Les points discutés présentement dans les rencontres tournent autour du prix du lait qui est faible et qui peine à couvrir les coûts de production. La Suisse possède, elle aussi, ses coopératives agricoles qui sont regroupées sous le nom de FENACO, se qui signifie Fédération nationale des coopératives agricoles. Presque tous les producteurs sont membres via les organisations régionales et locales. FENACO gère presque tout le marché agricole de la Suisse, par la collecte  des céréales et leur transformation dans plusieurs moulins, par la transformation des aliments et certains abattoirs. De plus,  Landi appartenant à FENACO, est le fournisseur principal des intrants agricoles.  

Pour terminer, l’agriculture suisse est bien perçue par les citadins. C’est d’ailleurs pour cette raison que la population est prête à soutenir les agriculteurs par des contributions supplémentaires sur leurs produits. De la même façon que nous, les associations agricoles tentent de rapprocher les agriculteurs des consommateurs par une campagne d’images : Proches de vous, les paysans suisses !

Il a été très intéressant de comparer les différences et les similitudes entre l’agriculture de la Suisse et celle du Québec.

dimanche 3 mars 2013

En ce dimanche 3 Mars 2013, nous avons visité la ferme Everdes Holstein, où l’on compte 110 vaches, dont 100 en lactation et 150 animaux de remplacement. Située à Echarlens dans le canton de Fribourg, cette ferme cultive 100 hectares dont 50 en location. Puisque les vaches vont au pâturage du 20 avril au 15 novembre, 30 hectares sont utilisés pour la pâture tandis que les 70 autres hectares sont en rotation (maïs-ensilage, blé, prairie). La composition des prairies est basée sur les besoin du troupeau.

L’alimentation est adaptée aux besoins des animaux. Ainsi, les vaches en lactation reçoivent du foin issu d’un mélange à prairie composé de trèfles et de graminées en plus d’avoir certaines prairies en luzerne pure. La ration des vaches laitières est composée principalement de luzerne, pomme de terre, pulpe de betterave, foin sec et de maïs fourrager cubé. Les pommes de terre sont achetées à un producteur des environs qui lui vend les pommes de terre déclassées, soit 100 tonnes par année. Les animaux de remplacement quant à eux reçoivent une ration uniquement composée de graminées.

La ferme Everdes est propriété de deux actionnaires, soit Jean-Philippe Yerly et Christophe Pittet. La fusion de ces deux entreprises, auparavant indépendantes, s’est faite il y a quatre ans parce qu’un manque d’espace dans les bâtiments et le manque de main-d’œuvre nécessitaient un changement dans leur entreprise respective. Ils ont alors réuni leurs forces pour obtenir l’entreprise actuelle établie sur deux sites. Le premier site est l’étable des vaches et le second est l’étable des animaux de remplacement. L’étable des vaches a été construite en 2004 et agrandie en 2010 afin de pouvoir jumeler les deux troupeaux sous le même toit.

Depuis la formation de la nouvelle entreprise, les deux propriétaires, le père de Jean-Philippe ainsi que deux apprentis sont suffisants pour faire le travail nécessaire sur la ferme. De cette façon, la ferme réussit à avoir une production moyenne de 9000 kg ainsi que 3.9% de gras et 3.3% de protéine. La production de lait est le revenu principal de l’entreprise qui produit du lait spécialement pour la production de fromage Gruyère AOC. En plus du revenu tiré de la production laitière, la génétique a un certain effet sur le revenu de l’entreprise. En effet, cette ferme fait beaucoup d’exposition en Europe et remporte des prix importants qui lui offrent un certain prestige. L’an dernier, la ferme Everdes s’est vue remettre le titre de championne mondiale des Red Holstein pour leur vache Pépita. Cette vache exceptionnelle leur a offert une ouverture des marchés car la demande pour leur génétique a augmenté de façon exceptionnelle. La force de la ferme se situe dans la conformation des Holstein rouges qui sont au nombre de 40 dans le troupeau Everdes. Environ 10 à 15 têtes font le tour des différentes expositions de la Suisse, soit la Swiss Expo de Lausanne et Expo Bulle en plus de faire l’expo junior de Bulle en décembre. Jean-Philippe Yerly aime bien l’ambiance des expositions qu’il qualifie de saine compétition. Quelle chance d’avoir pu visiter ces éleveurs exceptionnels au lendemain du couronnement de Yerly Ralstorm GÉMINA au titre de Championne Junior Red Holstein.


M. Yerly est familier avec le Québec, car il a fait un stage chez Deslacs Holstein, il y a 20 ans et y retourne régulièrement afin de rester en contact avec le marché nord-américain. Il est d’ailleurs très impressionné par la qualité des animaux exposés dans les différentes expositions au Québec. Toujours selon Jean-Philippe Yerly, afin de continuer à être performants dans l’élevage, ils doivent continuer à améliorer la conformation et plus spécifiquement le système mammaire ainsi que les pieds et membres.

Malgré les nombreux visiteurs de la fin de semaine, nous avons reçu un accueil chaleureux de la part des familles Yerly et Pittet. Les propriétaires ont pris le temps de nous présenter l’entreprise et de répondre à nos questions malgré l’activité accrue à la ferme cette fin de semaine. Nous sommes très heureux qu’à leur façon ils aient contribué à notre formation de futurs professionnels de l’agriculture.





Une petite pause…

Après une première semaine chargée d’activités formatrices, nous prenons une petite pause plein air, question de garder la forme et de dépenser l’excès d’énergie accumulée dans tous les délicieux goûters que nos hôtes nous avaient réservés à chaque visite. Destination Interlaken, village touristique renommé du centre de la Suisse. Durant la journée de samedi, tout le monde se rend à Grindlewald, une station de sports d’hiver située au dessus d’Interlaken.

La journée est superbe; le soleil et la bonne humeur sont au rendez-vous. Pour certains c’est de la randonnée et un bon repas sur la terrasse. Pour les autres, skieurs expérimentés ou novices, une magnifique journée à glisser sur les pentes enneigées des Alpes dans un environnement de rêve.

Evidemment, nous avons une pensée particulière et beaucoup de reconnaissance pour toutes celles et tous ceux qui nous ont encouragés et soutenus dans la réalisation de ce voyage et avec qui nous voulons partager ce savoureux moment de détente.
1er mars 2013
 Confrontation européenne Europe 2013 Fribourg Eurhosltein

En cette journée froide et grise du 1er mars 2013, nous sommes allés à l’Eurholstein, la confrontation européenne Fribourg 2013. Lors de cette journée, nous avons pu admirer plusieurs sujets de haute qualité provenant de 18 pays de l’Europe. Bien que nous n’ayons pas pu assister aux jugements d’animaux, nous avons pu observer les bêtes dans l’étable ainsi que la préparation des animaux en vue du jugement des jeunes le soir même. Plusieurs représentants de l’industrie étaient présents dans des kiosques. Parmi ceux-ci, on retrouvait de nombreux centres d’insémination de l’Europe venus offrir leurs dernières nouveautés en matière de choix de taureaux. De plus, nous avons pu rencontrer plusieurs de nos collègues du Québec, et plus particulièrement les élèves du programme GEEA également présents à Eurholstein 2013. Nous avons également croisé le groupe d’Holstein Québec, dans lequel se trouvait Sylvain Boyer, représentant de la Coop Fédérée, un commanditaire important dans la réalisation du voyage TPA Suisse 2013. Nous avons ainsi pu constater l’influence de la génétique nord-américaine en Europe.


Certains ont ajouté une visite de la vieille ville de Fribourg. Cette ville riche en histoire et en paysages accueille les touristes notamment dans sa cathédrale de même que dans d’innombrables petites rues et sentiers pédestres. Une particularité de cette ville est sans doute la coexistence des quartiers plus vieux et traditionnels et de ceux plus récents. La modernité et la tradition en font une ville qui est très intéressante à visiter.

jeudi 28 février 2013

Aujourd’hui, nous avons eu la chance de visiter La maison du Gruyère, dans le canton de Fribourg. Cette fromagerie, qui est en fait une fromagerie de démonstration, nous a permis de comprendre l’histoire et les origines du Gruyère AOC. Cette appellation d’origine contrôlée sert à garantir l’authenticité des produits, grâce à un cahier des charges que les producteurs tout comme les transformateurs doivent suivre. L’une des exigences est que les vaches sont nourries avec des fourrages naturels exempts d’ensilage. Le fait que le lait doit être transformé dans un délai de 18 heures fait également partie du cahier de charge en plus d'autres exigences spécifiques à ce formage.

Chaque année, 348 millions de kilos de lait sont transformés en 29 000 tonnes de Gruyère AOC provenant de 178 fromageries, dont 5,7 millions de litres sont transformés à Gruyère. La zone de production se situe dans les cantons de Fribourg, du Vaud, de Neuchâtel, du Jura et quelques communes de Berne. Seulement le tiers de la production est exportée vers l’Union Européenne et d’Amérique du Nord.

Au moyen âge, les gens de la région envoyaient leurs troupeaux aux pâturages et payaient leurs redevances en fromage. Les chalets d’alpage ont permis de transformer la production laitière des troupeaux en Gruyère. Dès la période de végétation les vaches étaient envoyées en alpage, communément appelé la poya (montée en alpage). À l’époque, c’est dans ces chalets que les meules de fromage étaient fabriquées. Aujourd’hui les producteurs de lait vont livrer le lait deux fois par jour à La maison du Gruyère et le transformateur produit jusqu’à 48 meules par jour. La fabrication du fromage se fait sous les yeux des visiteurs, qui peuvent, tout en observant cette fabrication avoir accès à un support audio qui explique les étapes de la fabrication.

Suite à cette visite, nous sommes allés dans la ville fortifiée de Gruyère où nous avons visité le Château qui a appartenu à de nombreux comtes de Gruyère. Ce château a été construit au XIIIe siècle et renferme huit siècles d ‘histoire, de culture et d’architecture. En plus des vestiges de l’époque, le Château accueille aussi certaines expositions d’oeuvres d’artistes dont celles de José Roosevelt, Juri Siomash et Milan Goldschmiedt.


Mercredi 27 février 2013


En après-midi, nous avons visité l’entreprise laitière Dougholstein qui est située à Chables et qui élève approximativement 70 bêtes.  Ils font aussi la production de 4 hectares de 2 variétés de tabac dont le Virginie ainsi que le Burlet.  Le tabac cultivé donne des rendements de 2,5 tonnes à l'hectare. Ce tabac est vendu à l’entreprise Philip Morris  qui produit des cigarettes. De plus, ils cultivent 36 hectares dont 6 en maïs, 4 pour l’orge qui est un bon précédent cultural pour le tabac et dont la paille est utilisée comme litière pour les vaches, 6 hectares en prairie écologique puis le reste est utilisé pour les pâturages et le foin. 

Nathalie Rey a repris la ferme familiale en 2002 avec son conjoint Éric Dougoud.  Depuis son arrivée sur l’entreprise, Nathalie a fait plusieurs changements.  Par exemple, ils ne cultivent plus la betterave sucrière et ils ont augmenté la taille du troupeau qui est passé de 16 à 40 vaches en lactation. Éric est un passionné de génétique depuis plus de 20 ans et à la reprise de l’entreprise il a changé la race des vaches pour la Holstein qui offre de meilleures performances laitières. Il a importé et il importe encore plusieurs vaches de génétique nord américaine. Il pratique aussi la transplantation embryonnaire. La ration des vaches est composée de foin sec, d'ensilage d'herbe, d’ensilage de maïs, de céréales puis d un maximum de 4 kilogrammes de concentrés. Présentement, la moyenne de production laitière est de 9400 kilogrammes de lait par vache par année. Cette production modérée est justifiée par la faible prix du lait actuellement et les choix que les propriétaires ont fait de valoriser plus la production laitière par les fourrages. L’entreprise utilise une salle de traite qui permet de traire 8 vaches à la fois. Par ailleurs, Éric présente certaines de ses génisses aux plus importantes expositions du pays.  Il a du succès avec celles-ci dont Milkyway, la vedette de la ferme.

Pour l’instant, le père de la propriétaire aide au niveau de la production et de la vente de tabac.  Pendant la période des récoltes de tabac, 20 employés sont nécessaires.  Sinon seulement 2 apprentis sont engagés pour l'année entière pour aider le couple.
 
30 % des produits de l’entreprise Dougholstein proviennent de la vente de lait, 40% du tabac et le reste est comblé par des emplois extérieurs qu’occupent les propriétaires : Nathalie est enseignante a l'école de Grange Verney et Éric est représentant pour la compagnie de semences de bovins laitiers Semenzoo.

Nathalie et Éric sont des gens très passionnés et la visite fut bien intéressante et chaleureuse puisqu'ils nous ont invités à la toute fin dans leur demeure pour prendre un bon café.
Www.dougholstein.ch